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Pérou, Bolivie et Chili (24 juin au 2 août 2003)

 


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Intitulé officiel : république du Pérou
Superficie : 1 285 000 km² (2,3 fois la France)
Population : 23,4 millions d'habitants
Capitale : Lima
Population et ethnies : 54% d'Amérindiens ; 32% de Mestizos (croisés d'Européens et d'Amérindiens) ; 12% de descendants d'Espagnols ; 2% de Noirs ; ainsi qu'une minorité d'Asiatiques
Langues : espagnol, quechua, aymara
Religions : plus de 90% de catholiques romains
Institutions politiques : démocratie
Président : Alejandro Toledo
Premier ministre : Roberto Danino
 

PIB : 123 157 millions de $US
PIB/hab. : 4 779 $US
Croissance : -0,2%
Inflation : 2%
Principales activités : l'agriculture, la pêche, les feuilles de coca, le papier, les minerais, le pétrole, les produits chimiques
Principal partenaire : les Etats-Unis


Avant le départ :

    Les préparatifs vont bon train. Les billets d'avion sont en poche, les guides sont épluchés. Les grandes lignes de notre itinéraire sont établies. On a maintenant 1 mois pour apprendre l'espagnol et.... faire notre sac. C'est un point important, en effet, nous menons une véritable guerre contre le poids. Chaque gramme gagné est une victoire pour notre dos. En bon routard que nous sommes, nous éliminons toutes choses inutiles telles que les déodorants ou autre parfum, les chemises et pantalons à pinces. Nous limiterons nos tenues vestimentaires au strict minimum. Pour moi, ça sera 2 paires de chaussettes, une paire de chaussures de marche, une paire de claquettes, un pantalon et les deux caleçons qui vont avec, un short, deux ou trois tee-shirts, une polaire. Le pull en alpaga et le bonnet sera acheté sur place. Nous prévoyons également un sac de couchage, appareil photo et 40-50 pellicules 200 Asa, un cahier, un crayon, produits solaires et biafine et les deux guides Lonely Planet sur la Bolivie et le Pérou.

    Un petit conseil pour ceux qui voyagent en sac à dos : Préparez votre sac et faites le tour du pâté de maison, ensuite rentrez chez vous et divisez vos affaires par deux, vous vous sentirez vraiment mieux. N'oubliez pas que l'on trouve toujours de quoi nettoyer ses affaires, même dans les endroits reculés.

     Notre arrivée sur LIMA est prévue vers 18h30. Elizabeth, la gérante d'une auberge de jeunesse viendra nous chercher à l'aéroport pour nous emmener à SAN ISIDRO, la banlieue bourgeoise de LIMA. On peut considérer cet endroit comme un petit pied à terre très bien situé. En effet, son auberge est à 5 min du centre de Lima en voiture et à 3 min à pied des terminaux de bus pour relier les grandes villes péruviennes comme CUZCO, cité importante et qui sera probablement notre première grande étape.


 

25 juin 2003 :

    Cela fait quelques minutes que nous avons décollé en direction de MADRID, notre unique escale pour joindre LIMA la capitale du PEROU. Nous voyageons avec Ibéria. Je voyage avec mon pot Romain avec qui j’ai joué durant deux belles saisons à Dijon et avec « Kriss Kross » un ingénieur parisien rencontré sur le forum du routard. Lui ne restera en Amérique du sud que quatre semaines, nous ne ferons qu’une partie du périple en sa compagnie en suivant sa trace puisque notre itinéraire est similaire au sien.

    Midi, nous squattons la banquette 31 avec Christophe en attendant la bouffe tandis que Romain dort profondément. Nous échangeons nos bonnes adresses et bons plans avant de passer à l’apéro. Christophe nous parait bien plus préparé et son parcours est définit à la journée, tandis que nous avons seulement tracé les grandes lignes de notre voyage, les coins incontournables. Si un site nous emballe, nous resterons quelques jours supplémentaires afin de nous imprégner des coutumes et des rites locaux.

    Madrid – Lima : 13 heures de vol: pour nous occuper, nous testons de nouvelles activités, apprentissage à l’arrache de l’espagnol (on part avec 3 mois d’espagnol), détournement de rab de paella, jeux de cartes divers…

    Il est 18 heures locales quand l’avion se pose sur l’aéroport Jorge Chavez. LIMA est une ville moderne, un peu anarchique, qui s’étire le long du désert côtier et n’a rien d’exotique. Près d’un tiers de la population péruvienne vit à LIMA, ce qui en fait une cité surpeuplée, polluée et bruyante. Sa croissance démographique s’explique essentiellement par l’arrivée en masse de populations pauvres, venues plus particulièrement des hauts plateaux dans l’espoir de trouver du travail et d’offrir une vie meilleure à leurs enfants. La plupart atterrissent dans les bidonvilles qui entourent la ville, ils vivent entassés sans eaux courantes et sans électricité. D’avril à décembre, le brouillard sévit et masque le soleil, ce qui en fait une cité triste.


 

    Il fait 18 degrés lorsque nous cherchons nos sac à dos sur le tapis, c’est l’hiver ici, nous passons la douane et sommes littéralement assaillis par une horde de taxis et de porteurs. Elizabeth et son copain sont au milieu de cette cohue avec une pancarte à notre nom. Nous les suivons et embarquons dans un petit taxi pour rejoindre San Isidro, un quartier calme et résidentiel où ils ont établi leur hospedaje : hospedajeebr@yahoo.fr

    Comme à chaque fois, c’est avec des yeux d’enfants que je débarque dans un nouveau pays. Tout me semble nouveau, les bagnoles (presque exclusivement des taxis asiatiques), les bus identiques aux school bus US puisque l’Etat les a rachetés à bas prix aux américains !!!. La conduite de notre taxi est alléatoire, tantôt sur une file, tantôt à cheval, parfois nous sommes 5 de fronts sur deux voies. La maison d’Elizabeth n’accueille que des francophones, nous ferons la connaissance de deux autres françaises : Carole de Grenoble qui sera en Amérique du sud pour trois mois et Isabelle de Lyon qui parcourra le sud du Pérou pour trois semaines. Nous la retrouverons plus tard à Puno sur les rives du TITICACA. Nous évoquons tous ensemble nos désirs et nos envies, Carole, Christophe, Romain et moi prendrons la direction de l’Est pour joindre CUZCO, nous vivrons donc tous les quatre pendant une semaine tandis que Isabelle prendra elle la direction d'Arequipa. Après notre premier repas sud-américain, nous filons quelques news à la famille par internet, on ne se ruinera pas, l’heure ne coûte qu'un sol soit deux francs.

 

26 juin 2003 :

    Journée consacrée à la visite de cette triste capitale et plus particulièrement du centre de LIMA qui mérite quand même qu’on s’y attarde une journée. C’est curieux de se retrouver dans un quartier propre et entretenu, nous venons de longer des rues où il ne faisait pas bon garder son sac sur le dos et au détour d’une avenue, nous tombons sur La Plaza des Armas ou place principale (dans les autres villes péruviennes) qui regroupe plusieurs choses intéressantes comme une superbe fontaine en bronze, la cathédrale ou le Palais du Gouverneur. Le temps est maussade mais nous prenons plaisir à nous balader le long des arcades aux pants jaunes.

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    Toutefois il règne une ambiance que je qualifierai d’électrique. En effet une manifestation de paysans se prépare, il est fortement conseillé de quitter les lieux, mais en bon reporter d’envoyer spécial que nous rêvons d’être, nous nous dirigeons vers un front inéxistant. Les flics doivent être deux fois moins nombreux que les protagonistes mais autrement plus équipés avec leurs casques, boucliers, chars ou lance à eau avec pare-choc aux dents de requins. Les cris de la foule nous poussent même à franchir le premier rideau afin de nous imprégner de cette ambiance. Ils scandent comme un seul homme « El pueblo unido jamas sera la vencido », « Peuple unis ne sera jamais vaincu » (Che Guevara). La pression monte,  nous débarrassons quand même les lieux afin de nous restaurer dans un bui-bui et de visiter la cathédrale et son Musée avant de poursuivre vers l’Eglise San Francisco.

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    Tout à coup, un type bizarre nous accoste, il s’appelle José. Il nous propose des prix attractifs pour rallier les autres villes du Pérou, nous pourrions être intéressés puisque nous voulons quitter Lima le lendemain, on le laisse parler puis la conversation prend une drôle de tournure « Etes vous équipés en cannabis, cocaïne…. ??? » On coupe court à la conversation, une patrouille de flics est stationnée à trois mètres de là, singulier Pérou !!!!. Isa, Carole, Christophe, Romain et moi rentrons finalement dans l’enceinte de l’église. C’est un lieu assez touristique qui mérite le détour pour ses catacombes et son monastère. Achevée avant le tremblement de terre de 1687, l’église résista mieux que les autres édifices religieux à ce séisme ainsi qu’à celui de 1746. En revanche, celui de 1970 l’endommagea sérieusement. Depuis, elle a été largement restaurée dans le style baroque mauresque d’origine. La visite dure 45 minutes, nous mène à travers la bibliothèque, au cloître et aux catacombes. Ces dernières au sous-sol renferment 70 000 sépultures, ces cryptes sont vraiment impressionnantes, les os sont classés minutieusement, les crânes avec les crânes, les radius avec les radius, les tibias avec les tibias… Nous reviendrons ensuite vers la Plaza, où se trouvent de nombreux cireurs de chaussures. C’est le métier le plus dégradant sur l’échelle de la société, certains se cachent même le visage avec un foulard pour se cacher.

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    Un petit marché se tient proche du Rio Rimac, un fleuve dégueulasse à sec. Il regroupe de nombreux artisans produisant des poteries, instruments de musique, bonnets etc… C’est un coin peu intéressant. Un clown se produit près de là, au milieu d’une foule compact, ma tête dépasse (comme d’hab me direz-vous) et je suis très vite repéré par le bouffon qui ne rate pas l’occasion d’insérer un touriste dans son spectacle. Je suis donc convoqué au milieu de ces gens qui s’esclaffent en me voyant débarqué tout penaud. Qu’il me parle en espagnol, en quechua ou en aymara, le résultat est le même, je suis ridicule et tout le monde se fout de moi… L’étape suivante est une caserne de pompiers où nous nous invitons. Le colonel est très heureux de nous faire visiter ses camions et son musée où il exerce depuis plus de trente ans. Il déplore la mort d’un des siens en nous montrant son portrait dans le garage.

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    Nous poursuivons notre chemin entre les vendeurs ambulants, les écrivains publics, les changeurs de dollars, les policiers touristiques, les taxis qui représentent 70 % du parc automobile péruvien. Nous visionnerons ensuite le dernier quart d’heure de la demi-finale de la Coupe des Confédérations entre la France et la Turquie, encore une victoire au milieu d'hommes afférés devant l’écran plasma d’un magasin de luxe. Il leur faudrait toute une vie de boulot pour se le payer. Nous avons nos billets pour AYACUCHO en poche, nous prendrons notre premier bus pour ce coin reculé au milieu des Andes ce soir. Nous apprenons ensuite qu’un commando du sentier lumineux vient de commettre un attentat dans les parages. Isabelle me confie que les bandes organisées n’attaquent que très rarement les bus d’étrangers. Si ça se passe mal, on pourra toujours se défendre avec notre opinel.

    Il est 20 h quand nous démarrons, notre bus est spacieux, on en prend pour 10 heures "en théorie", parce qu'un glissement de terrain pourrait aisément doubler la durée du trajet. Les prix des transports sont indiqués sur la page budget.

 

27 juin 2003 :

    Il fait encore nuit (6 h du matin) lorsque nous descendons du bus après ce long voyage, j’ai le dos explosé mais suis très heureux d’arriver entier à AYACUCHO. La conduite des chauffeurs est extrêmement dangereuse avec optimisation des courbes sur des chemins à peine carrossable, les précipices sont proches. Nous descendons tant bien que mal du terminal vers la Plaza des Armas tandis que la ville se réveille.

    C’est dans cette région reculée qu’apparut le mouvement de guérilla appelé le SENTIER LUMINEUX. Né en 1962, il n’était à cette époque qu’une petite organisation locale peu connue dont le siège se trouvait à l’Université Huamanga d’AYACUCHO, et dont les principales activités se bornaient à des discussions politiques non violentes. La violence que la presse internationale a souvent associée au Sendero n’a démarré qu’au début des années 80, pour connaître un paroxysme en 1982. Les mesures militaires implacables prises en 1983 pour tenter de contrôler l’organisation et qui firent plusieurs victimes civiles, furent souvent critiquées. Les objectifs du Sendero étaient alors le renversement du système démocratique en vigueur, la destruction de tous les éléments bourgeois et la restitution des terres aux paysans. Au début des années 90, AYACUCHO était considérée comme une destination dangereuse, mais la situation s’est stabilisée en 1993 suite à l’arrestation et à la détention à perpétuité des leaders de l’organisation. Cette région connaît maintenant un regain de popularité.

    Cette ville fondée par les espagnols en 1539 à 2730 mètres d’altitude est la capitale du département. Comme dans le reste des Andes centrales, rares sont les visiteurs, nous ne croiserons que trois touristes de type européens. AYACUCHO est une ville très vallonnée de 200 000 habitants ou se côtoient 33 églises plus belles les unes que les autres. Elle a su conserver son architecture coloniale comme l’attestent les nombreux édifices remontant à cette époque. Après avoir observé le lever du soleil sur la ville, nous décidons de nous restaurer et prenons la route du marché. Les étals sont en pleine construction, des véhicules stoppent devant l’entrée et leurs occupants débarrassent les coffres de leurs contenus. Les carcasses de lamas et de bœufs sont entreposées à même le sol. La ville s’anime autour de ce point central lorsque nous nous posons au milieu des fromages et des miches de pain.

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    Il est 7 h lorsque nous commandons une soupe aux gencives de moutons. Elle laissera un goût amer à Romain qui m’en reparle encore aujourd’hui. J’aurai pu manger n’importe quoi, mon estomac criait famine… Nous déambulons ensuite dans la ville et utilisons un moyen de transport peu commun : « le mobylette taxi » pour joindre les hauteurs de la ville. En effet, c’est là-haut que se situe une des places fortes de l’artisanat local. La spécialité est le tapis conçu à la main sur de vieilles machines à tisser, c’est un travail titanesque. Vous pouvez visiter une galerie textile pré-hispanique épatante à l'adresse suivante :

Alejandro Gallardo - Plazuela de Santa Ana N°105 - wari39@hotmail.com

Nous enchaînons sur une partie improvisée de football contre une trentaine de gamins, nous prenons la mesure de nos lacunes pulmonaires au bout de quelques joutes. L’altitude nous tue en cinq minutes, nous sommes cuits. Il faut savoir que les péruviens ont des poumons plus développés que les européens et ont 6 litres de sang contre 5 habituellement. Nous redescendrons à pied par les rues piétonnes pour prendre un bus et rejoindre QUINUA (3300 mètres).

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    A 35 km d’AYACUCHO, ce village de céramistes a su conserver ses traditions ancestrales. La place est déserte, nous ne croisons que quelques autochtones qui nous indiquent un bon restaurant en face du terrain de foot. En bon aventurier que je suis, je commande un cochon d’Inde grillé avec son lit de pommes de terre. Ca ne restera pas le meilleur met de la décennie mais ce plat aura au moins pu me rassasier. Il est 15 h 30 lorsque nous terminons notre assiette et c’est avec anxiété que nous observons le passage des collectivos… aucun en une demi-heure sachant que notre bus part à 18 h d’AYACUCHO. Le principe des collectivos dans les endroits reculés comme celui-ci est simple ; il démarre lorsque l’engin est plein. Il est maintenant 16 h, nous prenons  nos places préférentielles à l’arrière d’un véhicule, il a une capacité de douze personnes. Une horde de péruviens venus de nulle part débarque à proximité du minibus, les baluchons prennent place sur le toit tandis que les familles « s’insèrent » dans l’habitacle. Nous ferons le voyage à 27 dans une atmosphère irrespirable : UN RECORD !!!. Nous arriverons tant bien que mal à saisir notre galère roulante vers 18 h, je m’explique…

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28/6/2003 :

La route entre AYACUCHO doit être la pire rencontrée lors du voyage, pas moins de 23 heures consécutives pour rallier CUZCO. Nous traversons néanmoins des paysages tellement différent sur 590 km. Je déconseille toutefois ce trajet aux voyageurs, faites le en avion, vous gagnerez une journée et votre dos deux années de durée de vie !!!. En effet, il était impossible de dormir plus d’un quart d’heure consécutif, le chauffeur freinant au dernier moment à quelques centimètres des précipices et tout ça dans un bus aux sièges éventrées et bloqués à 90°.

Nous arrivons tant bien que mal à CUZCO vers 17h, il fait presque nuit lorsque nous sautons dans un taxi à la recherche d’un hôtel. Il existe plus d’une centaine d’hôtels dans cette cité perchée. Nous gardons un bon souvenir de : Los Plateros – Calle Plateros (Nord ouest de la Plazza) pour 40 frs la nuit par personne. Il est situé à 30 mètres du centre dans une rue passante (Le petit déjeuner n’est pas terrible).

CUZCO constitue un important centre touristique pour toute l’Amérique du sud. Telle Katmandou au Népal, la ville attire des milliers de voyageurs qui ne viennent pas uniquement visiter un lieu magnifique mais aussi pour se plonger dans une culture antique, très éloignée du mode de vie du XXème siècle. C’est également un repère de Hippies qui stationnent autour de la Plazza et qui anime agréablement les fraîches soirées andines. Capitale archéologique des Amériques, CUZCO est aussi la plus ancienne ville habitée du continent. De son passé Inca, elle conserve des murs en gros appareil de pierre qui ont servi de soubassement aux constructions de l’époque coloniale et aux édifices modernes. Dans ses étroites ruelles escarpées, on croise de nombreux descendants des Incas, qui parlent quechua. Capitale de son département, la ville compte 300 000 habitants, est située à 3326 mètres d’altitude et est enlacée par des montagnes culminant toutes a plus de 4500 mètres. Elle Nous prenons place dans un lit, chose que nous n’avions pu faire depuis 72 heures, le bonheur vient parfois avec les choses simples.

 

 

29/6/2003 :

Réveil à 10 heures, nous sommes dimanche, le jour du marché au Pérou. Le guide du routard nous apprend qu’un très bel exemplaire se tient à une heure de collectivo de là sur le site de PISAC. Nous prenons place aux côtés du chauffeur, comme à notre habitude. La place du mort permet de profiter pleinement des paysages et le contact avec le driver est toujours intéressant. Relié à CUZCO par une route goudronnée de 32 km, Pisac est une ville à double visage, l’un est le village colonial et moderne bâti au bord du fleuve, l’autre est la forteresse inca édifiée sur un piton rocheux, 600 m plus haut.

La route nous ouvre l’appétit et nous déjeunons sur le marché entre les légumes et les flûtes de pan. Le menu du jour est pâtes, poulet, beignets de légumes et poissons grillés pour la modique somme de 6 frs. Nous déambulons ensuite dans cette foire aux couleurs ou tout s’anime avec ses habitants en costumes traditionnels. La place principale attire une masse de touristes et de vendeurs ambulants. Nous profitons des étals pour investir dans des ponchos, bonnets et autres souvenirs. Les prix sont assez élevés, mais tout se négocie au Pérou (contrairement à la Bolivie) ou les prix sont fixes. Je conseille d’acheter l’artisanat au Pérou et plus particulièrement à Cuzco où les produits sont de bonne qualité et pas forcément plus chère qu’en Bolivie comme le stipule les guides de voyages (Faites le plein !!!).

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Pour évoquer les tenues locales, elles sont très colorées et poser pour les touristes est devenu un véritable business tant pour les enfants qui tiennent souvent une petite chèvre dans leurs bras, ou les plus vieux qui ont des visages typiques usés par le soleil. Ils acceptent de se faire photographier en échange d’une pièce ou deux, cela fait partis du jeu !

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Il est possible de gravir les 600 mètres de dénivelés à pied mais la flême qui nous anime nous pousse à prendre le taxi. Nous tombons sur un papy adepte de la danse au volant, nous l’invitons lors de la montée à nous mimer les danses locales sur fond de rock péruvien, nous manquons plusieurs fois de tomber dans le Rio Urubamba mais quelle partie de rigolade !!!. Les ruines qui surplombent le village sont particulièrement attrayantes, d’une part en raison du paysage, mais aussi parce que le site est moins visité que les autres sites de la Vallée Sacrée. Au nord des cultures en terrasses, des sentiers à pic, défendus par d'énormes portes en pierre, mènent à des escaliers escarpés et à un tunnel creusé dans la roche ? Ces chemins découvrent de superbes vues. Le site assure la défense de la vallée de l’Urubamba mais aussi d’un col qui donne accès à la jungle au nord-est. Le principal centre religieux, aménagé près du sommet comprend des salles et des temples de belle architecture ainsi que des bains cérémoniels. Nous y faisons la rencontre d’une madrilène (Bélène) travaillant sur Cuzco. Nous passerons la soirée ensemble au Café Varayoc dans la Calle Espaderos, un endroit propice au repos, et rare s’il en est puisque cette ville est très animée.Nous découvrirons l’autre visage de CUZCO à partir de minuit. Le lieu incontournable pour débuter ses soirées est la Plazza des Armas, on y dégote des tickets free drink pour les boites du centre. Elles se livrent une vraie bataille pour la conquête des touristes. Nous avons donc fait la tournée, les meilleurs sont La Mama Africa (Esperados 135), Xcess (Carnes 298). Le principe permet de sortir pour un minimum de frais.

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30/6/2003 :

Il faut impérativement acheter le Boleto Touristico (18 sols) qui donne droit aux entrées des principaux lieux touristiques de la ville et des environs.Les alentours de CUZCO permettent d’admirer un maximum de sites incas à pieds ou en taxis. Un collectivo nous mène à TAMBO MACHAY, situé à 8 km du centre. Nous redescendrons à pied à travers la pampa et les sites incas. Le bain de l’Inca est le seul attrait architectural du coin, il y venait pour la source sacrée qui coule de terrasse en terrasse et pour y accomplir certains rites religieux. Ce coin est peuplé de lamas, c’est notre premier contact avec ces drôles de mammifères. Je fais l’expérience Haddockienne quant à leurs mauvais caractères.

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Nous traversons de petits villages dans une campagne resplendissante, les sites de PUCA PUCARA et surtout de SACSAYHUAMAN. Ce site est le plus impressionnant des environs immédiats de CUZCO. Son nom signifie « faucon satisfait ». Aujourd’hui nous ne distinguons plus que 20% de la structure d’origine. Peu après la conquête, les espagnols détruisirent une grande partie des murs pour construire leurs maisons dans la ville en contrebas. Ils laissèrent les blocs de pierre les plus lourds dont l’un pèse plus de 300 tonnes. La plus part forment les principaux remparts. Les incas avaient donné à CUZCO la forme d’un puma, SACSAYHUAMAN en représentant la tête. Le site se compose de deux parties différentes, la plus évidente étant formée par les murs en zigzag des principaux remparts. Les 22 zigzags constituant les dents du puma permettaient une défense très efficace car les attaquants devaient s’exposer leur flanc pour lancer le moindre assaut. En face, se dresse la colline de Rodadero, dont les murs de soutènement se composent de rochers curieusement polis, ce qui permettaient, là encore une défense quasi imparable.

Le fort fut le théâtre de l’une des plus terribles batailles de la conquête espagnole. Environ deux ans et demi après l’arrivée de Pizarro à CUZCO, le rebelle Manco Inca reprit le fort, insuffisamment gardé, où il établit une base opérationnelle pour assiéger les conquistadors installés en contrebas. Manco faillit vaincre les espagnols mais, au cours d’une attaque désespérée, cinquante cavaliers menés par Juan Pizarro finirent par reprendre SACSAYHUAMAN, mettant ainsi un terme à la rébellion. Manco Inca survécut et se réfugia dans la forteresse d’OLLANTAYTAMBO. La plus part des soldats furent tués. Les milliers de morts gisant sur le champ de bataille attirèrent des nuées de charognards, ce qui explique la présence de huit condors sur les armoiries de CUZCO.La petite parenthèse historique terminée, nous poursuivîmes notre visite en admirant la vue aérienne de CUZCO aux cotés du Cristo Blanco, statue censée protéger la cité. Nous entamons la descente à travers les différentes habitations révélant la couche sociale des habitants : les pauvres en haut qui sont des proies aux éléments climatiques et les riches en bas, protégés par les collines environnantes.

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1/7/2003 :

Nous suivons la route de Manco Inca qui se réfugia à OLLANTAYTAMBO, les espagnols étant à  sa poursuite. Ce village est situé dans la vallée Sacrée et jouit d’un climat agréable en raison de son altitude (2700 mètres). La route passant à Chinchero permet d’apprécier pleinement les décors andins, c’est superbe. Le trajet dure une heure et demie en bus, avec un changement à Urubamba. Il n’est d’ailleurs pas à notre avantage puisque nous quittons nos sièges de sénateurs pour nous enfourner dans un collectivo. Nous sommes coincés à l’arrière entre un balai brosse et un landau, mais nous arrivons tant bien que mal à rallier la petite place et son marché. C’est un site incontournable à double titre, il possède de superbes ruines en terrasse et sa gare permet de joindre AGUA CALIENTE et le MACHU PICCHU.

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L’imposante forteresse d’OLLANTAYTAMBO fait partie des rares endroits où les espagnols subirent une importante défaite durant la conquête. En bas, le village, construit sur des soubassements traditionnels incas, offre l’un des exemples les mieux préservés de l’urbanisme inca : il est divisé en canchas, des pâtés de maisons dotés chacun d’une seule entrée donnant sur une cour. Les immenses terrasses aménagées autour de la forteresse force notre admiration. Elles servirent de refuge à Manco. En 1536, Le demi-frère de Pizarro aidé par de nombreux cavaliers et fantassins tenta de capturer l’inca mais sans succès. Ses hommes furent assaillis par une pluie de flèches, de lances, de pierres et de rochers. L’inca eu en outre la bonne idée d’inonder la plaine grâce à des canalisations prévues à cet effet. Victoire de courte durée puisque une armée renforcée par des troupes de retour du Chili écrasa OLLANTAYTAMBO et provoquèrent la fuite de l’Inca dans la jungle à Vilcabamba. L’architecture de ce site est typique et original et permet de s’imprégner des stratégies incas utilisés pour déjouer les attaques des espagnols armés. A midi, deux français d’une quarantaine d'années, parcourant l'Amérique du sud en camping car, immatricule dans le 41, nous ont filés un petit tuyau concernant l’entrée du Machu Picchu. Il est possible d’éviter le droit d’entrée, 20 dollars quand même, en arrivant sur le site avant 5h du mat. Il existerait un petit sentier utilise par les bergers qui nous permettrait d’arriver sur le flan de la montagne du Huyana Picchu (tel David Vincent, nous ne trouverons jamais ce raccourci…).Un repas, une coulante et une partie de carte plus tard nous prenons le train à 19h45 pour AGUA CALIENTE, point de départ pour une des merveilles du monde.Nous descendons du train avec une horde de touristes et nous nous mettons en quête d’un hôtel. Très touristique ce village offre une multitude de solutions pour se loger et ceci pour toutes les bourses.

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Le choix de passer par AGUA CALIENTE est venu de lui-même puisque nous voulions éviter le trek de l’Inca (150 dollars) pour des raisons économiques mais aussi parce que c’est devenu une marche trop touristique même si l’Etat limite le nombre de randonneurs journaliers.

 

2/7/2003 :

Nous mettons le réveil à 4h du mat afin d’arriver les premiers sur le site afin d’admirer le lever du soleil. Nous sortons de l’hôtel dans la nuit et descendons la rue piétonne qui nous lie à la petite place centrale. Les discothèques sont encore ouvertes et crachent des morceaux anglo-saxons, on traverse la voie ferrée, 8 km et 700 mètres de dénivelés nous attendent. Des bus effectuent le trajet entre Agua Caliente et l’entrée pour 5 dollars, mais à partir de huit heures du matin. Il est 4h30 quand nous passons à hauteur du dernier lampadaire, on y voit rien, on n’a pas de lampes de poche et la lune est cachée par les nuages. Heureusement un couple ayant eu la bonne idée de se munir du précieux sésame nous dépasse, on prend leurs roues, ils vont vite, on se met en danseuse, ça gicle, on commence à transpirer, premières marches à travers la forêt, nous sommes en difficultés, on perd du terrain, on lutte, ils partent, nous sommes lâchés, ils ne se retournent pas, ils vont vers le sommet, nous tâtonnons, c’est la fringale, on a plus qu’à attendre le groupe étau, celui-ci ne se fait pas attendre avec 2 suédoises et 3 anglaises. Le jour et la lumière apparaissent, nous échangeons quelques idées, quelques farces et c’est le mur final, nous les lâchons dans les derniers lacets sans pouvoir revenir sur le premier groupe d’échappés, c’est l’arrivée devant l’hôtel Machu Picchu Ruinas, le seul érigé sur le site. Nous en profitons pour troquer notre maillot à poids contre un autre de rechange. Nous avons fait la route en une heure et quart. Nous entrons dans l’hôtel à 270$ la piaule pour nous sécher et profitons du mépris d’un gardien pour nous rendre au plus beau buffet de viennoiseries qu’il m’a été donné de voir. C’est avec le sourire et les poches pleines que nous sortons et payons notre droit d’entrée (20$). Il faut noter qu’il est interdit d’emmener de la nourriture dans son enceinte.

Ce n’est qu’en 1911 que Bingham, archéologue américain, découvrit le MACHU PICCHU, tout à fait par hasard. Il fut d’ailleurs étonné de constater que cette cité perdue était habitée par un couple d’Indiens cultivant les terrasses, alors que l’endroit était recherché depuis des siècles par les archéologues. C’est sans conteste le monument précolombien le plus spectaculaire d’Amérique du sud, autant par l’importance des constructions que par l’incroyable splendeur du site. Le MACHU PICCHU n’a rien perdu de son mystère : fut-il une forteresse établie pour prévenir une invasion des tribus amazoniennes ? Fut-il une capitale religieuse ou simplement un lieu de culte consacré au soleil ? Fut-il le dernier refuge des Vierges du Soleil ou la dernière capitale inca ? On dit que Manco Capac, le dernier roi inca, recherché par les espagnols, s’y réfugia, jamais Pizarro ne trouva sa cachette. Cela s’explique aisément : Le MACHU est au sommet d’une montagne coupée de telle façon que le site est parfaitement invisible de la vallée. Le décor est planté devant nous …Allo Cuzco, on a un problème !! On ne voit pas à trois mètres, le brouillard a élu domicile autour des ruines. Nous squattons la terrasse panoramique ou mirador dans l’espoir que cette purée de pois disparaisse, puis nous nous endormons dans l’herbe. Réveil à 10h par le soleil, mais pas de miracles le frog nous cache toujours la vue.

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Tel Esteban, j’implore Pachamama de nous libérer de ce mauvais brouillard, le ciel bleu apparaîtra une demi-heure plus tard, le spectacle est à nos pieds, nous somme bloqué par tant de splendeur, les appareils photos crépitent autour de nous, c’est un enchantement.Nous déambulons ensuite dans les méandres des ruines, à travers le quartier des agriculteurs ou du tombeau royal. Cette caverne en dessous de la tour centrale fut probablement le tombeau d’un ancien chef inca. On distingue aisément les différents quartiers séparés par une vaste esplanade ou vivent de nombreuses espèces tels que lamas, vigognes, alpagas ou autres guanacos. De l’autre côté de cette place, on distingue le quartier des prisons ou le quartier industriel, puis le quartier des intellectuels et celui des comptables. Romain et moi nous interrogeons sur le pourquoi d’une telle microsociété dans un tel décor…

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La montagne surplombant le site se nomme l’HUYANA PICCHU. Nous la gravirons en 40 minutes, ce fut une ascension difficile ou des habits crades sont de rigueur, il faut parfois monter à quatre pattes mais le panorama à 360° sur le MACHU PICCHU et sur la vallée de l’URUBAMBA mérite le détour (le sentier est ouvert jusqu'à 15h). Nous restons là-haut plus de deux heures à discuter sur les rochers, nos pieds se balancent dans le vide, 900 mètres plus bas, c’est le fleuve… La descente est dangereuse, les marches sont glissantes et l’humidité ambiante provoque quelques glissades.

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Nous repartons en quête de nos amis les bêtes pour les taquiner, nous engageons une course-poursuite avec les lamas dans les ruines, un vrai bonheur. Retour vers 15-16h, douche et dodo (le train repart vers 5 h du mat). MACHU PICCHU est un site incontournable et même si les frais occasionnés peuvent être élevés pour les petites bourses, sa visite est OBLIGATOIRE. Petit conseil : Visitez ce site avant 14 h, après les cars de touristes débarquent leurs populations bruyantes.

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3/7/2003 :

Nous quittons la ville thermale en train en sens inverse afin de rallier CUZCO. Nous ferons une randonnée dans un décor sublime, longeons un sentier bordés de cactus géants, croisons les paysans menant leurs bœufs en pâtures, la pampa est resplendissante, les hauts pics andins en toile de fond. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres d’URUBAMBA mais nous ne croiserons aucun touriste sur le site des Salines de MARAS. Des centaines de puits servent depuis l’époque inca à l’extraction du sel. Une source chaude située au sommet de la vallée déverse un petit cours d’eau chargé en sel ; dévié vers les  puits, celui-ci permet de récolter, après évaporation, des salants pour le bétail. Les salines sont un méandre de bains blancs, une paire de lunettes est donc indispensable. Les ouvriers nous expliquent leurs techniques pour orienter les filets d’eau vers les bassins, on déambule sur les petits promontoires en sel.

Vers 15h, nous accusons le coup, prenons un taxi sur des routes désertes avant de repartir en bus vers la capitale inca. Sieste dans le bus et grosse nuit en perspective, nos escapades « machupicchuéennes » ont laissées des traces…

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4/7/2003 :

Après avoir pris possession de la nature andine, nous nous replongeons dans CUZCO, chargée d’histoire. Nous commençons par la visite de la cathédrale qui n’est qu’à deux pas de notre hôtel. Elle fut entamée en 1559 et sa construction dura près d’un siècle. Principale église de CUZCO, elle renferme l’une des plus importantes collections d’art colonial de la ville. On peut y admirer des centaines de toiles de l’Ecole de CUZCO, style né de l’imagination d’artistes indiens des Andes qui se sont inspirés de peintures espagnoles des XVI ème et XVII ème siècles. La cathédrale forme un tout avec deux autres églises. L’Eglise El Triunfo, à droite, est la plus ancienne de la ville (1536) ; à gauche, l’église Jesus Maria date de 1733. Les autochtones ne manquent jamais de se signer devant l’entrée de ce sanctuaire. Les nombreuses chapelles qui s’y trouvent valent le détour (avec le boleto Turistico !!).

Nous ferons ensuite un détour par la fac de droit qui se trouve également sur la Plazza des Armas. Cette dernière, occupait, à l’époque inca un espace deux fois plus vaste. Elle est située en plein cœur de la ville, ornée du drapeau rouge et blanc péruvien ainsi que du drapeau arc-en-ciel de Tahuantinsuyo qui s’apparente avec l’emblème de la communauté homosexuelle. Elle est entourée d’arcades coloniales. A l’ouest, une ruelle piétonne bordée de murs incas constitue l’une des voies d’accès historiques. De nombreux vendeurs ambulants nous proposerons des pull-overs en laine d’alpaga, tous trop petits. Romain se laissera tenter par une paire d’Oakley.

Nous quittons le centre ville pour descendre vers les quartiers artisanaux, c’est ici que nous ferons le plein d’objets futiles tels que des tee-shirts Inca Cola (distribué par Coka) ou bières Cusquena, jeux d’échecs, service à thé en céramique, chapeau de paysan etc… Le marché couvert vaut vraiment le coup d’œil, on y trouve de tout et même d’anciennes insignes militaires. Mais nous aurons également la judicieuse idée n’investir dans des pulls, gants et autres chapeaux pour pouvoir affronter les dures nuits a venir (voir plus loin). D’ailleurs la température dégringole de jours en jours contrairement a la France ou les températures de l’été 2003 atteindront des sommets. Ce soir là, je n ai pas eu de choix que d’enfiler mon poncho et mon bonnet péruvien pour aller dîner, on grelotte.

 

5/7/2003 :

Journée de transition, nous prenons la direction du sud du Pérou par un train qui ne fonctionne que deux jours par semaine. Notre objectif est de rallier PUNO, une station balnéaire au bord des rives du lac TITICACA. Le trajet dure de 9 à 12 h selon la volonté de la locomotive. Les paysages traversés en cette matinée ensoleillée sont tantôt marécageux tantôts désertiques, nous longeons le fleuve. Le voyage en deuxième classe est agrémenté d’animations musicales ou d’un service de restauration. Nous partagerons notre repas de midi avec un couple voisin, au menu sandwich et avocats. Je m’occupe en lisant les guides de voyage ou en prenant des cours de coinche auprès de mon mentor Romain. Tout à coup, le train stoppe dans une grande plaine au pied des monts enneigés, c’est la mi-parcours. A cette altitude (4300 mètres), le moindre effort se paye cash. Un attroupement de vendeurs ambulants propose de la nourriture à prix majorés ou des tissages en laine d’alpaga. Une petite chapelle permet aux locaux de se recueillir et de souhaiter bonne chance pour la descente vers le lac.

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Un peu plus tard, le train s’arrêtera une dernière fois. En effet, il se produit, au milieu des troupeaux de lamas sauvages, un événement bizarre. Nous croisons un autre train emportant des passagers vers CUZCO. C’est la mi-parcours et nous héritons du personnel d’équipage du train inverse, tout le monde se salue, s’embrasse dans un climat de fête, les blagues fusent tandis que nous observons cette scène ébahie. Vers 17h, nous posons nos pieds à PUNO où nous attend Isabelle avec laquelle nous avions convenus de nous retrouver. Elle nous mène à l’Hôtel Los Uros (Calle Theodoro Valcarel 135). Il se situe à deux pas de la gare, propre avec eau chaude.

PUNO est située au bord du Lac TITICACA, ce n’est pas une ville passionnante. Elle est perchée à 3827 mètres d’altitude au bord du plus haut lac navigable du monde. Avec ses 8000 km², c’est une véritable mer intérieure avec de vraies mini tempêtes et de grosses vagues. Elle se situe dans une région aride mais splendide battue par les vents, des journées souvent ensoleillées avec un fond d’air frais, des nuits glaciales avec un ciel fantastiquement étoilé. Il n’y a pas de doute, c’est l’Altiplano dans toute sa splendeur !. Nous passerons la soirée dans une discothèque avec deux autres américains.

6/7/2003 :

Un réveil tardif et nous embarquons vers les étonnantes ILES UROS. Même si elles sont devenues touristiques, elles sont incontournables et uniques au monde. Le petit port de PUNO offre une multitude de possibilités pour rejoindre ces îles flottantes situées à 45 minutes de la rive. Les métissages avec des Indiens de langue aymara ont entraîné la disparition des Uros de pure souche qui parlaient autrefois une langue spécifique. Cette petite tribu a entamé son existence flottante il y a plusieurs siècles afin de s’isoler des Colla et des Incas. La vie de ses habitants est totalement liée à celles des totoras, ces roseaux poussant en abondance sur les hauts-fonds du lac et dont la cueillette leur permet de fabriquer à peu près tout, des petites maquettes de bateaux à leurs îles elles-mêmes. Celles-ci sont construites en superposant plusieurs couches de roseaux (2 mètres d’épaisseur), l’ajout régulier de nouvelles couches permettant de remplacer celles du dessous à mesure qu’elles pourrissent. Le sol est doux et moelleux mais il faut faire attention à ne pas mettre le pied sur un endroit pourri, j’en ferai la triste expérience.

Nous débarquons sur une petite île où une procession dominicale se déroule, tandis que des apprentis artificier teste leurs feux. Un tournoi de volley féminin est organisé sur une des grandes îles de la tribu, le terrain étant propice aux plongeons. On y trouve aussi une école, une poste et une boutique de souvenirs. L’énergie est fournie par des panneaux solaires qui sont installés dans les huttes également construites en roseaux. Il règne sur ces îles un climat bon enfant où les générations se mélangent et contribuent au bon fonctionnement de cette microsociété. Ils se déplacent d’îles en îles grâce à des canoés à têtes de dragons. Il faut 3 mois à deux travailleurs pour la conception de ces œuvres d’art.

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Au port, nous prenons un taxi tricycle pour remonter vers le centre-ville. Le pauvre transpire à grosses gouttes pour ramener les deux mastodontes. Il est même obligé de poser pied à terre pour pousser le véhicule. Nous lui ferons grâce des derniers mètres. De là, nous crapahutons quelques dizaines de mètres vers la statue de Manco Capac. Cette statue offre une vue imprenable sur le lac. D’ici nous apercevons le stade de foot, un match s’y déroule. Nous reprenons la route pour rallier les portes du stadium de PUNO. Il oppose deux équipes de première division péruvienne. Le stade est pourri, la pelouse quasi-inexistante et pas une femme dans le stade. Les spectateurs sont tous pourvus d’une radio afin de suivre les résultats des autres rencontres. Nous sommes les seuls gringos dans les tribunes, nous nous sentons épiés ; le match se termine par une victoire de 5 à 0 des locaux. A la fin de la rencontre, le commentateur radio me cherche et m’interview sur le match. Les questions tournent autour du foot, mais en … espagnol, je répondrai tant bien que mal avec mon vocabulaire qui s’élève maintenant à une douzaine de mots. L’expérience est intéressante…

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Nous prendrons RDV avec un pêcheur du coin se prénommant Félix, nous engageons la conversation avec lui et il nous propose se faire une petite sortie pêche pour demain matin, nous prenons date.



7/7/2003 :

Lever matinal (5h30) pour retrouver Felix, il nous attend sur le port avec sa canne à pêche. De pêcheur, il n’en porte que le nom à la vue de son matériel, un vieux lancer. Circonstances atténuantes, il ne pêche jamais à la ligne mais au filet. On assiste au lever du soleil sur le Titicaca, pas un bruit si ce n’est les cliquetis de l’eau sur la coque et ceux de mes dents. Il fait un froid de canard !. Avec le plus grand naturel du monde, il nous apprend que les poissons du Titicaca dorment à cette heure, en effet nous reviendrons Fanny, les truites dorment... mais la ville est tout à coup animée vers 9 h quand nous rentrons au port groguis par le froid. Le marché journalier attire tous les habitants de Puno. Nous sillonnons les étals où reposent quantité de poissons et têtes de moutons. Nous organisons ensuite la suite du voyage en achetant les billets de bus pour la frontière bolivienne plus quelques habits pour lutter contre le froid.

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Il est 16 h, lorsque nous retrouvons Félix sur le port bardé de nos sacs. Rares sont les étrangers à avoir le privilège d’être invités sur les îles Uros pour y passer une nuit. Nous avançons doucement vers une île inviolée, cachée derrière une rangée de roseaux. Il y vit avec toute sa famille, sa femme, Daniel, Amado, Xavier, un autre garçon et ses deux filles. Cette petite île flottante soutient le poids de 10 familles, 45 personnes, une quinzaine de huttes et la première école des Uros qui accueille les enfants des îles voisines.

Débarqués depuis quelques secondes, sa femme nous tend deux tasses de maté de coca (l’infusion locale). Sitôt terminés, nous remettons les pieds dans la barque. Nous vivons à leurs rythmes et participons aux tâches quotidiennes, posons les filets pour la nuit, préparons la popotte (des bananes et du pain) etc…

Nous retrouvons toute la famille entassée dans une hutte en roseaux de 12 m². Et c’est en tailleur, que nous partageons nos idées sur la vie au Pérou, la France. Ils nous enseignent le calcul en Aymara (langue officielle des Uros), et en quechua (l’autre langue péruvienne), montrent des photos d’étrangers qu’ils ont accueillis. Il parle avec passion de Marco Simonnet (la véritable star de l’île). Ce Marco est un journaliste français et parrain d’un de ses enfants. Il leurs fait souvent don de matériel scolaire, habits, chaussures etc..., Félix le porte dans son cœur. Partager quelques heures avec ce peuple restera un des grands moments de ce périple.

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Il fait nuit quand nous nous retirons dans la hutte d’amis, le froid commence à nous assaillir lorsque nous éteignons la bougie. Malgré deux couvertures, et tout nos habits, nous grelottons en voyant la lune à travers le toit. La température descendra jusqu’à -10 degrés (n’oublions pas que nous dormons sur l’eau à 3820 m d’altitude). C’est sans doute la nuit la plus froide que j’ai connu jusque là, nous ne fermons pratiquement pas l’œil…

 

8/7/2003 :

 

Il est 6h lorsque Félix nous réveille, c’est une libération, il fait presque jour et nous entamons la journée par la levée des filets. Ici, pas de pêches miraculeuses, nous récoltons seulement une vingtaine de poissons (c’est dans la moyenne nous explique-t-il). L’île commence à s’animer, chacun sort de sa hutte, les enfants de notre famille d’accueil jouent au foot avant l’école, les filles s’attellent à leurs corvées tandis que l’aînée construit de jolis bateaux en roseaux. Les mains sur une infusion, les pieds sur le tapis de roseaux, l’île qui s’anime devant nous, la chaleur nous envahit, un vrai bonheur !!!. Nous observons tout ce petit monde et prenons quelques clichés souvenirs des enfants Uros.

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Nous nous interrogeons sur ce mode de vie peu banal lorsque une magnifique assiette de poissons grillés nous est tendue. Un flot de touristes débarque sur l’île pour y acheter des souvenirs. Tous les habitants prennent place derrière leurs étals pour gagner quelques sols. Les gens sont étonnés de nous trouver là, crades, poissons au bec.

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Après un échange d’adresse, de grands remerciements, nous quittons les Uros pour prendre au vol un autre bateau qui nous acheminera vers l’île d’Amantani. Le trajet dure quatre heures (50 km), nous faisons la connaissance d’israéliens, québécois et autres brésiliens.

Je laisse l’adresse de cette famille pour ceux qui veulent leur faire parvenir quelques matériels scolaires :

Felix Coila Quispe

Los Uros Santa Maria Tupire

Maranatha P.U 009560

Mission de lago Titicaca

Casilla 312

Puno - Peru

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Cette île ressemble beaucoup à celle de Taquile dont elle est éloignée seulement de quelques kilomètres. Du fait de son éloignement de Puno, elle est moins visitée. Cette île est dépourvue de route, de véhicules et de chiens. Plusieurs villages sont nichés sous des collines surmontées de ruines, les plus hautes étant Pachamama et Pachatata.

Nous débarquons dans une île soi-disant peu touristiques, ERREUR, les bateaux se succèdent tandis que les insulaires viennent chercher leurs clients à la queue leu leu, les contacts sont minimes, nous devons déjeuner dans notre chambre, à l’écart des locaux. Ceci dit, nous admirons et superbe coucher de soleil. Le Club-Med local organise après le dîner une soirée à l’emporte pièce avec un groupe local et des tenues traditionnelles. C’est tellement surfait que nous écartons de ce brouhaha et tombons sur deux parisiens vraiment cool avec qui nous allons poursuivre un bout de route vers la Bolivie (Steph et Armelle). Nous dormirons comme des bébés dans une chambre avec chauffage et vu la hauteur des plafonds, nous profiterons pleinement de cette chaleur…

 

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9/7/2003 :

 

Nous embarquons à nouveau sur le « St-Antonio » pour rallier Taquile (une heure). Il est 9h30 lorsque nous y posons pieds, un sentier longe la rive pour s’élever vers le village. Nous quittons notre groupe pour visiter un collège, on y improvise une partie de foot. Nous rejoignons ensuite notre groupe pour déjeuner (il faut pas perdre le nord !!). La particularité de l’île réside dans les bonnets des insulaires. En effet il en existe 3 types de couvre-chefs : les rouges (qui signifie que l’homme est marié), les blancs sur le coté (homme ayant une compagne mais non marié) et blancs en arrière (homme célibataire). Les paysages restent néanmoins superbes avec le bleu du Titicaca et le blanc des hautes montagnes boliviennes. Nous rentrons pour 16 h à Puno, la visite de ces îles (Amantani et taquile) ne restera pas impérissable mais elle aura au moins eu l’avantage de nous faire perdre quelques kilos. Le retour à l’hôtel est grandiose avec douche chaude (4 jours que nous traînions les mêmes chaussettes). Propres comme des sous neufs, nous dévorons dans notre cantine un bifteck à l’international. Nous doublons notre budget bouffe journalier en un repas (30 frs), la vie au Pérou est tellement bon marche...

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